Vous vivez en Israël et vendez un bien en France : que change le statut d’Olé Hadash ?
2 novembre 2026 · 4 min de lecture

La réponse courte : La France impose toujours la plus-value. Israël ne l’impose pas si vous êtes Olé Hadash depuis moins de dix ans. Dans les autres cas, Israël l’impose aussi, mais déduit l’impôt payé en France.
Un appartement à Paris, un studio loué à Lyon : lorsque vous les vendez après votre installation en Israël, deux États peuvent réclamer un impôt sur la même plus-value. Voici, étape par étape, ce qui se passe.
Étape 1 : La France impose dans tous les cas
La convention fiscale franco-israélienne donne le droit d’imposer à l’État où se trouve le bien (article 13). Que vous soyez Olé Hadash ou non, vous payez donc en France :
| Prélèvement | Taux |
|---|---|
| Impôt sur la plus-value | 19 % |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % |
| Surtaxe, si la plus-value imposable dépasse 50 000 € | 2 à 6 % |
Ces taux s’appliquent après des abattements qui augmentent avec la durée de détention.
Pour les prélèvements sociaux, le taux de 17,2 % résulte d’une tolérance administrative publiée en mai 2026. Une lecture littérale de la loi conduirait à 18,6 %.
Deux exonérations sont à connaître :
Si vous êtes de nationalité française, la plus-value est exonérée à hauteur de 150 000 €, sous conditions.
Votre ancienne résidence principale n’est pas exonérée si vous la vendez après votre départ pour Israël. Cette exonération suppose en effet un accord d’assistance au recouvrement des impôts, qui n’existe pas avec Israël. Vendue avant le départ, elle reste totalement exonérée.
Étape 2 : Êtes-vous Olé Hadash depuis moins de dix ans ?
Oui : Israël exonère pendant dix ans les plus-values réalisées sur des biens situés à l’étranger, y compris un bien acheté après votre Alya. Vous ne payez donc que l’impôt français.
Si vous êtes arrivé en Israël à partir du 1er janvier 2026, vous devez toutefois déclarer la vente à l’administration israélienne, même si elle est exonérée.
Non : Vous êtes résident israélien sans ce statut, ou vos dix ans sont écoulés. Passez à l’étape 3.
Étape 3 : Israël impose aussi, mais déduit l’impôt français
Israël impose la plus-value au taux de 25 %, après correction de l’inflation. Une surtaxe de 3 à 5 % s’applique au-delà d’environ 720 000 shekels de revenus annuels.
Pour éviter une double imposition, Israël déduit de son impôt celui que vous avez payé en France. Vous ne payez en Israël que la différence, s’il y en a une.
Et à la fin du statut d’Olé Hadash ?
Les dix ans d’exonération courent à compter de la date à laquelle vous êtes devenu résident fiscal israélien. À leur terme, vous êtes imposé en Israël comme tout résident, avec deux particularités.
L’imposition n’est pas brutale. Pour un bien acquis avant la fin des dix ans et vendu après, Israël n’impose qu’une partie du gain, au prorata de la durée de détention postérieure à l’exonération :
Gain imposable en Israël = gain total × durée de détention après les dix ans ÷ durée totale de détention
Plus la vente intervient tôt après la fin du statut, plus la part imposable est faible.
La déclaration devient obligatoire. Les Olim arrivés avant 2026 étaient dispensés de déclarer leurs revenus et avoirs étrangers pendant dix ans. Cette dispense prend fin avec le statut.
Côté français, rien ne change : l’impôt reste dû dans les mêmes conditions et vient en déduction de l’impôt israélien.
La réponse
| Votre situation | En France | En Israël |
|---|---|---|
| Olé Hadash depuis moins de dix ans | 19 % + 17,2 % | Exonéré |
| Olé Hadash depuis plus de dix ans | 19 % + 17,2 % | 25 % sur la part du gain postérieure aux dix ans, moins l’impôt français |
| Résident israélien sans statut | 19 % + 17,2 % | 25 % sur tout le gain, moins l’impôt français |
Me Keren ELBAZ-LEVYAvocate au Barreau de Paris
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