Fiscalité internationale
À partir de quel montant paie-t-on l'IFI quand on vit à l'étranger ?
23 août 2026 — 3 min de lecture

Partir de France ne fait pas disparaître l'impôt sur la fortune immobilière. Il en réduit simplement le périmètre : le non-résident reste assujetti à l'IFI, mais uniquement sur ses biens immobiliers situés en France. Ses actifs détenus à l'étranger, quels qu'ils soient, sortent du champ de l'impôt français.
Le principe tient en deux articles du Code général des impôts. L'article 964 pose la règle d'assujettissement : l'IFI est dû par les personnes physiques dont la valeur nette du patrimoine immobilier excède 1 300 000 euros au 1er janvier de l'année d'imposition. L'article 966 précise ensuite le périmètre pour les non-résidents : seuls les biens et droits immobiliers situés en France — immeubles détenus en direct, parts de SCI à l'impôt sur le revenu, droits réels — entrent dans l'assiette. À l'inverse, les titres de sociétés françaises en sont exclus, même lorsque ces sociétés détiennent de l'immobilier.
La date d'appréciation est décisive : le domicile fiscal s'apprécie au 1er janvier. Résident fiscal de France à cette date, vous êtes imposé sur votre patrimoine immobilier mondial. Non-résident au 1er janvier, vous n'êtes taxable que sur la France. Un départ réalisé en cours d'année ne change donc rien pour l'IFI de l'année écoulée — il ne produira son effet qu'au 1er janvier suivant.
Reste le seuil. C'est l'ensemble du patrimoine immobilier net qui compte, et non chaque bien isolément : un appartement parisien de 900 000 euros ne déclenche pas l'IFI, mais ce même appartement joint à une résidence secondaire de 500 000 euros y place le contribuable. Les dettes affectées aux biens se déduisent, et un abattement de 30 % s'applique à la résidence principale, y compris pour le non-résident propriétaire de son logement français. Sous le seuil de 1,3 million d'euros net, aucune déclaration, aucun impôt. Au-delà, le barème progresse par tranches, à partir de 800 000 euros.
Enfin, la convention fiscale n'a généralement rien à redire : les conventions attribuent l'imposition des immeubles à l'État où ils sont situés. La France taxe donc légitimement vos biens français ; c'est le périmètre, et lui seul, qu'il faut maîtriser. Avant ou après votre départ, faites vos comptes patrimoniaux avec précision : la valeur, les dettes, la date. C'est de ce calcul — et de lui seul — que dépend votre IFI.
Me Keren ELBAZ-LEVYAvocate au Barreau de Paris
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